Ce matin départ
d’Oloron en voiture, direction Saint Jean Pied de Port. Les sacs sont chargés
après une dernière vérification. Il ne faut rien oublier, il ne faut pas non
plus les remplir inutilement, chaque objet pèse un peu et dès demain ils
seront sur les dos et non dans un coffre de voiture.
Il y a de
l’animation dans les rues de Saint Jean, beaucoup de touristes en
conglomérats denses en ce jeudi de l’Ascension.
Un peu d’argent liquide dans un distributeur, un repas dans un petit restaurant un peu à l’écart des circuits touristiques et nous sommes repartis. Une halte obligatoire dans une venta pour se procurer un future petit déjeuner pour demain matin plus quelques bricoles traditionnelles que Geneviève et Jocelyne emporteront avec elles et nous affrontons le premier col de notre voyage. La voiture ne semble pas souffrir en dépit de la température fraiche et des quelques gouttes qui se mêlent au brouillard
A
Roncesvalles il pleuviote et il ne fait pas chaud à 950 m d’altitude. Nous
nous dirigeons fermement vers l’Auberge à travers un dédale d’étais :
tout est en travaux de restauration et un panonceau indique que
l’établissement est fermé.
Nous
découvrons que l’hébergement a été transféré dans une sorte de grande bâtisse
en contre bas de la route. C’est ouvert. Nous nous présentons avec nos sacs
et notre crédentiel pour notre premier tampon de pèlerin.
Le temps d’investir un lit en y posant notre sac de couchage et nous retrouvons nos épouses à l’extérieur pour une visite de l’église ou nous reviendrons ce soir pour la bénédiction des pèlerins
Geneviève et Jocelyne nous ont laissé. Ce soir l’auberge est pleine, 160 personnes environ dans une grande salle, il faudra tester les boules « Quies » si je veux avoir une chance de dormir. Les pèlerins qui arrivent sont crottés et sembles épuisés, certains ont fait quelques heures de marche en plus en se perdant dans le brouillard. J’apprendrai plus tard que l’étape Saint Jean / Roncevaux est l’une des plus difficiles C’est souvent la première étape pour un grand nombre de pèlerins.
Pour nos
compagnons de dortoir les quelques
heures qui suivent leur arrivée sont dévolues à la lessive, douche et repos.
Certains soignent les bobos.
Je suis
impressionné par la foule, sa diversité. La présence d’une forte communauté asiatique,
des Japonais il me semble. Des hommes, des femmes de tous ages et de toutes
nationalité. Le dortoir devient une ruche bourdonnante de mille dialectes.
Avec Bernard nous ne sommes pas encore concernés par ces petits travaux ménagers quotidiens et nous nous contentons d’observer.
La messe des peregrinos est donnée à 20 h, après le repas, notre premier repas
du chemin : une soupe épaisse de haricots rouges, une truite et un
yaourt.
La messe
est dite en latin, presque tout le monde y assiste et l’officiant annonce la
litanie des nationalités présentes puis bénie les pèlerins dans plusieurs
langues (espagnol bien sur, français, anglais, allemand, italien, mais aussi japonais,
à moins que ce ne fût du coréen.
Il pleut. Le « Kway » est de service à la sortie de l’église. Cà promet de la boue pour demain
21h, opération couchage et premier
essayage des bouchons d’oreille. L’opération est moins simple que je ne le
pensais : oreille gauche – tout va bien, le bouchon s’insère facilement
dans le conduit auditif, gonfle, çà me gène un peu mais on l’oublie assez
vite. Oreille droite, aie ! çà
n’entre pas, je ne trouve pas la direction du conduit auditif. Il me faudra
une bonne dizaine d’essais pour le mettre en place, et tous les soirs il en
sera de même par la suite : Je suis mal foutu, en tout cas pas
symétrique : voilà ma première découverte du pèlerinage.



