Petit
déjeuner dans la cuisine : biscottes, biscuits, café, confiture, beurre.
Ce matin nous sommes prêts de bonne heure et à 6 heures moins le quart nous
cheminons, d’abord tous les deux, bientôt rejoints par Ivan et Arlette. Malgré
leur handicap (le genou pour l’un, une tendinite pour l’autre), à chaud ils
avancent d’un bon pas. Nous arrivons rapidement à la Fuente de vino d’Irache. Les photos sont obligatoires, les
dégustations plus facultatives mais je m’y soumet – vin rouge à 8 heure du
matin – pas terrible, ou plutôt, si, vraiment terrible. Quelques pèlerins
nordiques semblent trouver le breuvage à leur goût. J’espère qu’ils ont un
estomac en inox.

Nous
cheminons maintenant à 7. Le chemin est large et nous occupons toute la
largeur entre vignes et champs de blé entrecoupés d’oliviers
L’ascension
vers Monjardin est bien plus aisée que je ne pouvais le craindre – une étape
sans histoire qui nous propulse devant l’albergue dès midi moins le quart.
L’auberge
de la Fuente est tenue par des Autrichiens. Petite, sympa, Bernard
connaissait l’adresse pour y avoir
séjourné l’an dernier.
Il y avait oublié une chemise. Renseignements pris elle est peut être encore là : l’hospitalera nous montre une grande panière pleine de linge. Les pèlerins au cours de leur périple se délestent du superflu, des oublis aussi comme pour la chemise de Bernard. Il y a de tout, shorts, slips, tee-shirts, pantalons, serviettes – de quoi équiper plusieurs dizaines de démunis, mais point de chemise de Bernard : quelqu’un l’aura trouvé à son goût ou le stock aura rejoint la croix rouge ou un autre organisme similaire.
Nuit plus
petit déjeuner pour 10€. C’est raisonnable, demain le départ se fera ventre
plein.
Le début
d’après midi est consacré comme d’habitude à la lessive, douche, soins des
petits bobos (et des moins petits aussi pour certains), rédaction studieuses
pour beaucoup et repos. Les jambes sont lourdes et quand on les laisse se
reposer, les premiers pas sont laborieux.
Rien ne presse, la ville est en sommeil et ne retrouvera son animation qu’après 16h30, voire 17h
Le pèlerin
vit un peu dans une bulle, il est, il marche, en Espagne, mais la bulle
l’isole de la vraie vie.
Son rythme
n’est pas celui des Espagnols : le matin il part trop tôt, avant 7h bien
souvent alors que le monde se réveille vers 9 h. Si tôt le matin, au mieux
nous trouvons un café ouvert pour un café (doble por favor, si, solo, Americano (allongé avec de l’eau) non,
non, non doble pas Americano. Y dos tortillas con patatas por
favor, gracias.)
A 9h ou 10
h quand on s’arrête pour une cagna
et un bocadillo queso y ramon, on
croise quelques Espagnols qui vont au travail, ensuite, au fil du chemin nous
apercevons des femmes travailler les potagers ou quelques agriculteurs. Plus
loin nous entendrons la petite musique des trayeuses dans les fermes
.
En
arrivant dans les villes ou les villages vers 13h il y a un peu d’animation
dans les rues, mais c’est le moment que nous choisissons pour nous calfeutrer
dans les albergues et vaquer à nos
petits soins plus ou moins intimes ;
Si on
ressort trop tôt les rues sont désertes et les portes closes. La vie ne
reprendra pas avant 17h, 17h30 parfois. Le temps de visiter une église ou
deux, faire quelques courses pour le petit déjeuner ou quelques provisions de
route à caser dans le sac et voilà 19h qui sonnent.
L’heure de
chasser le bon menu peregrinos pas
cher et original.
A l’heure où
nous passons à table les Espagnols sont bien loin de ces préoccupations
gastronomiques.
Nous
regagnons l’albergue bien vite, 8h, 8h30 si le repas traîne un peu. A 9 heures
le pèlerin est couché, à 9h 10 il dort et le concert de ronfleurs est total. C’est
juste le moment ou l’Espagnol commence à vivre.
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