Petit
déjeuner à l’auberge. Mauvaise idée,contrairement à mon habitude, pour que çà
me tienne plus au ventre je prend un cafe
con leche que je vais avoir du mal à digérer.
3 petites gouttes de pluie nous inquiètent un peu mais ne durent pas. Le chemin ondule sous un ciel bas, le temps est doux, l’humidité est forte .La route est belle entre vignes et oliviers, çà monte et descend gentiment et tout va bien pour moi. A midi notre petite troupe des 7 arrive à Vianna.
Françoise
est fatiguée, elle paie sans doute le rythme soutenu qu’elle mène depuis son
départ, il y a maintenant longtemps, en France. Elle s’arrête là pour se
reposer ; elle passera la journée de demain ici en prenant une chambre
en ville. Roland qui souffre de plus en plus de ses ampoules reste avec
elle. Il avisera demain, il nous rejoindra en taxi s’il se sent mieux, on
reste en contact par téléphone pour gérer un probable rendez-vous.
Nous consommons nos bananes, une barre de céréale et quelques fruits secs avant de reprendre la route. Logroño n’est qu’à 9 km. Bernard profite de la pause pour se poser un pansement sur un point d’échauffement aux pied : pas question de laisser une ampoule s’installer.
Nous reprenons la route à 5 avec un petit pincement – pas facile de laisser des compagnons derrière nous. C’est encore plus difficile pour Maurice qui marchait avec eux depuis longtemps.
A la tristesse de la séparation vient s’ajouter la pluie, faible au début, pendant une petite heure, mais les 4 derniers kilomètres se font sous une pluie drue. Je n’ai pas mis le poncho. Pour je ne sais quelle raison j’ai enfilé le Kway et je suis bientôt aussi mouillé dehors que dedans. L’auberge est en centre ville – Logroño est une ville importante. L’auberge est située dans un immeuble ancien, il est 3 heure moins le quart. On a marche plus vite que prévu. Le quart d’heure gagné est salutaire car l’albergue est presque plein et nous nous retrouvons coincé sous les toits au 3 éme étage. Nous sommes les 71éme et 75 émes, il y a 85 places, il était temps d’arriver.
Au plus
profond de moi je suis persuadé que nous ne reverrons pas Françoise, et je
garde un petit espoir que Roland nous rejoigne demain soir.
Plus prosaïquement,
j’ai les fesses irritées, çà brûle et c’est très inconfortable. Mytosil, au
secours ! Je transforme mes fesse en fesse de bébé ; je marche sans
doute de façon un peu bizarre dans les rues de la ville en cherchant cartes
postales,cartes mémoires pour un appareil photo ou distributeur de billet
selon les besoins des uns et des autres.
Logés
comme nous le sommes, ce soir il n’y a pas eu de lessive, de toute façon rien
n’aurait séché. On stocke du linge sale et humide pour la première fois. Le
short est sale : demain bermuda.
Le repas,
ce soir est copieux, au « Cafe Moderne », près d’un cinéma qui
porte le même nom. Le repas est un peu gâché par l’épaisse fumée des cigares
dont semble raffoler les Espagnols – des reste des colonies sans doute,
Cuba ?-coincé entre deux téléviseurs qui nous proposent pour l’un un
vieux western de John Wayne et l’autre une retransmission bien sanguinolente
de corrida. C’est aussi çà l’Espagne cigare et corrida.






