Une belle
étape de 27km en perspective. En dépit des prémices d’hier soir le temps
s’annonce clément. Je me suis abondement tartiné de Mytosil et nous sommes en
ordre de marche dès 6h30. Il faut bien dire que le dortoir au plafond bas,
avec des poutres dans tous les sens n’invite pas au farniente.
Jamais
encore nous ne sommes partis si tôt. Le petit tour d’hier soir en ville nous
permet de prendre quelques raccourcis par rapport au balisage. Il n’en reste
pas moins que la sortie de la ville me semble bien longue.
En une
heure nous parvenons enfin à quitter le tissu urbain et renouons avec la
campagne. Ivan souffre visiblement. Avec Arlette ils envisagent de nous
quitter pendant cette étape.
Le chemin
monte en pente douce vers Navarette, le petit déjeuner (1 café et quelques
biscuits, un peu de pain et de miel) est maintenant bien loin. A 9 h à
l’entrée de Navarette nous avons un petit creux. Ivan et Arlette nous font
leurs adieux. Des pèlerins à vélo nous font la photo de famille devant le
panneau d’entrée de la ville et nous nous séparons.
Le petit
creux est de plus en plus sensible. Un bar nous propose ses tables en
terrasse, il est tout prêt d’une albergue
et de nombreux pèlerins sont déjà attablés. Le temps de commander nos cafe doble pas Americano, un sandwich au jambon (du Serano) et voilà Yvan et
Arlette. La séparation aura été brève.
Des
nouvelle de Roland et Françoise : Raymond a de nouvelles ampoules. Ils
vont s’avancer doucement jusqu’à Logroño, une petite étape de 12 km et, après
cette journée de repos relatif ils tenteront de nous rejoindre, soit à Santo Domingo, soit à Belorado.
Le temps de se restaurer et cette fois nous nous séparons vraiment du couple Ivan et Arlette.
Nous ne
sommes plus que trois. Bernard a tenté de nouvelles chaussettes, elles sont
plus fines et des ampoules se forment. Prises d’assaut au
« compeed », elles ne persisteront pas.
Le chemin
poursuit sa lente ascension à travers les vignes de la Rioja. Ce soir nous goûterons
ce vin réputé. Le ciel est gris, Maurice semble avoir un peu le blues. Passé
l’alto de San Anton, à près de 680m, le chemin redescend vers Najera, plus
que 9 km. La vue d’un village en contre bas nous fait croire un instant que
l’étape est proche, à moins d’une heure. Mais non, 9 km çà ne fait pas une
heure, nous devrions pourtant le savoir, mais la déception est cruelle et les
derniers kilomètres sont maintenant mal venus, indésirables, en trop.
La descente se poursuit en milieu urbain, et çà n’est pas agréable
Le soleil
est revenu, la lessive sèche, mais la douche est froide, très froide. Cette
étape m’a semblé longue et je commence à m’inquiéter des quelques étapes de
plus de 30 km qui sont bientôt au programme. En effet on vient de faire deux
étapes de 7 h et demi, çà fera des étapes d’une heure de plus. J’espère que
je vais tenir et Bernard ne me semble pas si en forme que çà, j’ai bien senti
une pointe de doute ce soir en approchant de Najera avec le vent dans la
figure.
Heureusement
l’étape de repos (Burgos / Leon) approche, nous en avons besoin. Elle sera
d’un bon réconfort.
L’auberge
ce soir est agréable, claire et située en bordure d’un petit cours d’eau.
Verdure, soleil retrouvé, la lessive sèche – retour à la sérénité, demain
sera un autre jour et pour le moment çà va bien.
J’attends
des nouvelles de Nathalie qui a du passer ses épreuves. Les cartes postales
d’hier, il va falloir les écrire et aussi trouver des timbres – ici les
timbres sont soit dans des distributeurs soit dans les tabacos, pas forcement là ou se vendent les cartes, autre pays
autres mœurs.





