L’étape du
jour ne sera pas très longue, si 27 km peuvent représenter une petite étape.
On a voulu se lever tôt : pas question de renouveler l’expérience d’hier
un deuxième jour de suite. 5h 45 – café soluble, et en route. Il fait encore presque nuit.
12h 55.
Nous sommes devant l’auberge. Elle n’ouvre qu’à 13 h, 5 minutes…Une vingtaine
de pèlerins attendent aussi
Rituel de
la douche, de la lessive. Une bière au café d’en face et…REPOS. On verra bien
ce soir si l’énergie est de retour.
Du balcon
j’observe les arrivées : des cyclistes, beaucoup de cyclistes. Beaucoup
de pèlerins de fraîche date aussi qui n’ont pris le chemin qu’ici ou quelques
étapes plus tôt soit parce qu’ils font le chemin en plusieurs épisodes soit
pour assurer la « Compostella » qu’on obtient en faisant les 100
derniers kilomètres. Ce papier semble t’il est précieux pour les jeunes
Espagnols, il ouvrirait ou faciliterait l’ouverture des portes du travail.
A l’entrée de Sarria il y avait une voiture, la remorque débordant de valises. Un groupe de pèlerins, un peu plus haut étaient équipés léger léger, deux filles n’avaient même pas de sac du tout. Mais comme disait un hospitalero de rencontre : « je ne juge pas, à chacun son chemin… » mais tout de même, les places sont chères dans les albergues et ces marcheurs légers marchent vite et passent devant pour occuper les lits.
Après nos
ablutions traditionnelles : repos. Le linge sèche sur le balcon ou nous
avons tendu un fil en dépit de la pancarte qui demande de ne pas le faire.
C’est interdit, en espagnol, no comprendo. D’ailleurs tout le monde s’en
moque.
La sieste
nous ferme les yeux. Bernard émet un
petit ronflement. Moi aussi bientôt, mais çà me réveille. La chambre est
froide. Je laisse Bernard à son sommeil et sort faire quelques photos en
ville. Dehors il fait bon et le soleil me ravive.

Il n’y a pas grand-chose à voir.
L’église ouvre à 17h. elle est banale, vide, sans intérêt. Les ruines d’une
tour médiévale sont visibles un peu plus haut, mais même en contournant le
bloc on ne peut pas s’en approcher. Comme partout ailleurs les fils
électriques traversent le ciel et coupent les photos qu’il faut cadrer serré
pour éviter un transformateur électrique, une poubelle ou des panneaux de
signalisation.
Nous
terminons l’après midi à la terrasse du café, entre le chantier et l’auberge,
devant une cagna. Bernard
l’accompagne d’une part d’empanada malgré
l’heure avancée. J’aurai bien du en faire autant.
En repartant
j’en oublie l’appareil photo accroché au dossier de la chaise.
8h au lit
et je dors. Jusqu’à 11 heures. Soudain quelque chose me réveille. Je cherche
de la main la sacoche que je ne trouve pas. Jamais je n’avais encore fait ce
geste.
En moins
de temps que pour l’écrire je suis debout. Par la fenêtre je vois le café en
bas. Il est éclairé. J’enfile le short, tee-shirt, sandales et dévale
l’escalier en silence.


