10 JUIN
2007
Dernier jour
On voulait
se lever « un peu tôt », vers 6 heures, pour faire confortablement
nos derniers 20 kilomètre’, passer à l’hôtel poser les sacs et assister
ensuite à la messe de midi. On voulait.
Bernard me
secoue un peu pour me réveiller, un œil à ma montre : la demie, un
regard circulaire : dortoir vide.
On s’est
trop attarder, il y a urgence… mais non, pas de panique ce n’est que 5 h 30.
L’agitation
a commencé, d’après ce que Bernard me dit, dès 4h, 4h30. Ils se sont envolés
comme une nuée de moineaux.
Petit
déjeuné sorti du sac – 6h05 çà marche pour nous.
Nous sommes seuls sur le chemin. Il fait encore nuit noire. Le faisceau de ma lampe troue l’obscurité à la recherche des flèches, pour la première et dernière fois
Le chemin
ondule de haut en bas, de gauche à droite. Il fait doux, le soleil darde ses
premiers rayons d’or et embrase les troncs en illuminant une brume légère.
Nous
marchons vite, plus de 5 km /h et dépassons petit à petit quelques personnes.
Arrêt café à Monte do Grosso. Il y a du monde au pied du mémorial de Jean
Paul, une horreur de métal rouillé et d’inox qui affiche le pieu mensonge de
son pèlerinage – il n’a sûrement pas fait les derniers 100 km à pied.
La dernière grande auberge est là, monstrueuse et nous poursuivons notre route.
Nous
descendons vite, toujours aussi vite. Trop vite une douleur sur le tibia
gauche. Je n’ai pas bu assez, on a forcé l’allure et paf ! derniers
kilomètres et une tendinite qui s’éveille : pas de bol.
A chaud çà
va bien mais chaque raidillon de descente m’oblige à réfléchir en posant le
pied et les escaliers se révèlerons désagréablement pentus.

On longe
l’aéroport, on le contourne, franchissons la nationale et la ligne de chemin
de fer.
Pas de vraie
émotion. Je m’attendais à ressentir quelque chose. Non, rien.
Il est 10h
30. 4h30 pour 20 km, c’est pas mal. Si, c’est mal, c’est une des raisons de
cette tendinite qui me suivra plus d’une semaine.
Nous
allons directement (avec un grand détour involontaire) à l’hôtel. Les
chambres ne sont pas libres comme on pouvait s’y attendre mais nous pouvons
laisser les sacs à la réception et nous changer dans les toilettes :
pantalon sec, tee-shirt sec. La cathédrale est à 15 minutes à pied.
Retours sur
nos pas donc. 15 minutes, en sandales, sans sac : on se sent léger. Ma
jambe me rappelle de temps à autre qu’il vaut mieux se calmer.
Nous entrons par une porte latérale. L’encensoir n’est pas accroché. Il y a une sorte de catafalque au milieu de l’allée avec un petit autel fleuri : « corpus Christi » sans doute, c’est ce dimanche et une fête religieuse importante en Espagne. Nous n’aurons pas le grand jeu.
11h50. Une
none avec un grand nez s’empare du micro. Elle chauffe la salle en nous
( ?) faisant répéter les quelques chants qui illustreront la cérémonie.
Elle a une belle voix, un peu trop aigue. La foule, sans trop de conviction
reprend les chants. Cà manque de vigueur, One more time, encore une fois,
tous avec moi – çà va chauffer.
Litanie des
nationalités des pèlerins arrivés. Demain nous alimenterons la rubrique car
nous passerons valider notre « Compostella » après la messe.
Quelques
chants, quelques accords d’orgue, un long discourt ennuyeux à souhait, tout
en espagnol ou il est question de « iesus » de Corpus Christi, de
peregrinos et encore de iésus. Devant nous se sont plantées deux pèlerines
françaises, sac au dos. Elles peinent à se lever et s’asseoir (par terre) au
rythme de la cérémonie. On leur suggère de poser le sac, mais non. Pour que
le « pèlerinage soit valable -
sic – il faut entendre la messe en portant le sac. » Mon dieu, pardonnez
leur car elles ne savent pas ce qu’elles font.
Messe sans
émotion, sans relief. 13h. on va se faire valider le pèlerinage et retirer
notre « Compostella ». Le préposé n’en croit pas ses yeux :
j’ai cocher la cas : « sans
intentions religieuses » c’est forcement une erreur. non, je
confirme, rien de religieux pour moi. Il hésite, fouille dans ses documents
et sort une compostella différente. Je n’aurai pas le même document que
Bernard qui découvre du même coup toute la subtilité de la chose.
Dans la
rue il y a foule. Des badauds, des pèlerins avec ou sans sac, des musiciens
des rues, des vendeurs de loterie. Nous retrouvons même une des Bandas d’hier
soir qui bloque une ruelle et donne un mini concert.
Repas
rapide mais bon à la « Casa Romana » Apéritif de fin de pèlerinage,
le dernier d’ « homme libre » menu à 6€75 melon y ramon, chuletas y empressa, café et l’addition (pardon, la quanta por favor) 10€15 le lot,
faut il vous l’emballer, non merci c’est pour consommer de suite.
SMS de
Geneviève : à 13 heures elles visitaient Burgos, tout va bien.





