Grand
soleil mais il fait un peu frais en
quittant Najera. La route est belle et nous marchons vite.
La vigne
et la terre rouge de la Rioja s’effacent peu à peu et cèdent la place aux
betteraves. Le paysage est gentiment vallonné avec des formes rondes – pas de
difficultés en vue.

Vers 9h
nous nous arrêtons à Azola pour un cafe solo doble qu’il est toujours
aussi difficile de ne pas faire allongé d’eau. Un croissant améliore notre
pitance.
En chemin
nous prêtons assistance à une Anglaise qui se retrouve avec une boite de
pansements vide, le contenu est resté à l’étape précédente et ses ampoules
ont vraiment besoin de protection.
Le chemin
continue à monter tout doucement vers Cruena. Travaux oblige, ou simple
distraction, nous ratons une flèche et poursuivons sur la route pour les 4 km
qui nous séparent de Santo Domingo. Sur notre droite nous apercevons quelques
pèlerins sur le bon chemin, ils sont à plusieurs centaines de mètres de nous,
mais plus Santo Domingo approche plus les chemins converges pour finalement
trouver un carrefour commun à l’entrée du village.
Tout le monde se retrouve et le temps se couvre
A l’auberge nous bénéficions d’un accueil francophone de la part d’un hospitalero canadien. Premier crédentiel Bernard, deuxième crédentiel, Bernard. Lui aussi c’est Bernard. Et de 3. il se tourne vers Maurice et décrète que pour aujourd’hui il s’appelle Bernard Maurice, et que pour fêter ce baptême il nous offrira l’apéritif. Ce que Maurice Bernard fera bien volontiers ce soir.
La visite
de la ville n’est pas envisageable sans la visite de la cathédrale musée. Ici
il y a une réduction pour les pèlerins.
Mais comme
d’habitude il faut attendre l’ouverture. Pèlerins bien identifiables, Bernard
et Maurice sont assis devant le « Parador », un hôtel de luxe hors
catégorie dont nous avons visité le hall.

Deux cyclistes
se présentent et demandent si c’est bien l’albergue – comment les détromper ?
Dans
l’église, le coq et la poule blancs, superbes et gras à souhait sont dans
leur « logement » . Leurs remplaçants, puisqu’ils
sont renouvelés régulièrement sont dans un petit poulailler derrière
l’auberge. A notre arrivée dans l’église le coq chante tant et plus pour
montrer qu’il est bien vivant conformément à la légende.
L’histoire dit qu’un couple de
pèlerin voyageaient avec leur fils. Celui-ci ne répondant pas aux avances de
la fille de l’aubergiste, la vexe. Femme humiliée, elle glisse un ciboire
dans les bagages du jeune homme et dénonce le vol. Si tôt dénoncé, si tôt
condamné et exécuté. Les parents poursuivent le pèlerinage tristement. La
mère, en chemin entends la voix de son fils : mère, je suis bien vivant,
n’aie pas de peine.
De retour la femme rencontre le
prélat du village et raconte ses voix. Celui-ci, attablé s’esclaffe, montre
les volailles rôties et dit : ton fils est mort, aussi mort que ces
poulets rôtis
Le coq et la poule se dressent sur
le plat et se mettent à chanter.






