Initialement
notre but est Belorado, à 24 km, avec en option, un peu plus loin si on se
sent en forme, l’auberge de Pépé, à Espinosa, une toute petite albergue privée d’une quinzaine de
places ou Pépé reçoit et fait la cuisine.
Départ à
6h30. il pleut faiblement et on doit enfiler les ponchos. J’ai fait de gros progrès
dans ce domaine depuis les premières fois. Maintenant, plus besoin
d’assistance. Un petit vent très frais accompagne les gouttes.
On avance
vite malgré le temps maussade.
Bientôt
nous sommes rejoints au café par un groupe de Français .Ils trouvent le
service trop lent et s’en vont en quête d’un endroit plus rapide.
La charité
me fait censurer mes propos initiaux. Disons que çà parlait juste d’un niveau
de culture incroyable : « le Serano de Bergerac », le bon
jambon Bordelais.
La pluie a cessé mais nous gardons
les ponchos sur les épaules car le vent est frais. Le chemin monte peu à peu.
Au loin nous apercevons deux groupes de
3 pèlerins chacun. Chez Pépé les places sont chères et on accélère le
pas pour tenter de passer les premiers 
Esprit du
Chemin es tu là ?entre moqueries et manque de charité, aujourd’hui nous
oublions les bonnes manières.
A 3 km du
but nous passons le premier groupe qui fait une pause près d’une chapelle. Le
second groupe est proche. Avec Maurice on force le pas, Bernard peine à nous
suivre.
Les trois
poursuivis sont Italiens, mais une pancarte « auberge à 500m » nous
calme, trop court, on ne peut pas les passer comme çà juste devant la porte.

En arrivant,
quelques figures de connaissance. On frappe, Pépé nous ouvre, la mine sombre,
il ne lui reste qu’une seule place. Nos mines sont aussi très sombres à la
perspective de poursuivre notre route.
Bernard
remet sa photo à Pépé.
Plus que
trois kilomètres jusqu’à Villafranca qui ne se révèle qu’en arrivant.
L’auberge me semble petite, nous sommes un peu inquiets : 33 km ½,
surtout les ½ nous laissent des jambes de plomb. On redoute le
« completo ».
Une sorte
de Gourou Rasta nous reçoit : installez vous comme vous voulez, l’hospitalera
n’est pas là, on règlera çà plus tard. OUF !

Ce soir il
faut faire quelques courses car demain c’est dimanche et nous redoutons de ne
pas trouver grand-chose d’ouvert en route. Le sac sera un peu plus lourd,
c’est tout.
Dans le
dortoir une Allemande d’origine asiatique nous reconnait, on était dans la
même auberge à Santo Domingo.
A quelle
heure êtes vous partis ce matin ?
Vers 6h30
C’est un
bon temps, vous avez bien marché



