Ce soir
nous coucherons à Burgos – un virage dans notre périple. C’est notre dernière
journée avec Maurice.
Hier on
avait prévu de prendre le petit déjeuner à l’épicerie du coin qui ouvre en
principe à 7h30, mais à 7h moins 10 nous sommes prêts à partir après avoir
avaler un café, quelques biscuits et un peu de pain.
Ce matin
on sort « couvert » : polaire + Kway. Les mains posées sur le bâton
de marche se crispent sur le froid du métal. Il fait encore plus froid
qu’hier si c’est possible.
Le ciel est clair, le soleil se lève à notre départ, derrière nous, et embrase un moment quelques nuages paresseux à l’est.
Petit
coteau raide pour commencer, au milieu de chênes rabougris qui s’écartent les
uns des autres au fur et à mesure que nous montons. Pendant ce temps la
température descend encore, c’est au moins l’impression que nous en avons. On
monte, la température descend, un nouvel équilibre de la nature dont nous
nous passerions.
Nous atteignons
une sorte de moraine constituée de gros galets, çà grimpe toujours. Nouvelle
prière à dame nature en génuflexion devant 3 nouvelles orchidées entre asphodèles
et chênes verts.

Une croix toute simple indique le sommet à près de 1100 m d’altitude. Maintenant nous marchons sur un plateau parsemé de gros chênes solitaires. Le plateau redescend en pente douce vers Burgos à 18 km, 300m plus bas.
Le chemin
est large et bien entretenu, sans doute pour la carrière un peu plus loin sur
la droite. Au premier village nous rejoignons d’autres pèlerins attablés
devant le café matinal – il est toujours aussi difficile d’obtenir un grand cafe solo qui ne soit pas Americano.
Premier
contact avec un couple de pèlerins à cheval. Ils sont partis de Charentes et
font des étapes de 30 à 40 km par
jour, souvent en marchant près des chevaux qu’ils ne montent que si le chemin
est bon.
Leurs étapes sont plus conditionnées par les possibilité d’hébergement que par choix réel et ils galèrent un peu semble t’il.
La
descente sur Burgos est aisée. Mais l’approche se fait au travers d’une
interminable zone d’activité entre usines, entrepos et commerces qui se
suivent pendant 4 à 6 km. On oublie la campagne et les petites fleurs pendant
une heure à une heure et demie la réalité du 21 éme siècle nous
entoure : camions, voitures, goudronnage ; C’est tout droit, on ne
peut pas se tromper, c’est long, très long et ennuyeux
Bernard
est obsédé par son portable en panne. Il cherche désespérément à le
remplacer. Première boutique « Orange », on s’arrête. Non ils n’ont
pas ce type de batteries. Oui on peut acheter un autre portable, mais il sera
sur un réseau espagnol, non on ne peut pas intervertir les carte SIM, çà ne
marchera pas.
On est
désabusés, pas convaincus non plus car ils n’ont même pas tenté l’échange des
cartes. On reste sur notre faim.
Surprise !
le monde est tellement petit ! ivan et Arlette entrent dans la boutique,
en passant ils nous ont repérer. Ils sont arrivés en car hier et sont à l’hôtel,
pas loin, après avoir sauter deux étapes.
Arlette semble aller assez bien, la tendinite à l’air résorbée, mais ivan claudique toujours autant. Pourtant il a l’air de vouloir continuer malgré ce genoux qui le fait souffrir – promis de retour en France on consulte. Il s’est acheté un nouveau poncho et un Kway de meilleurs qualité : ils sont fin prêts, dans la tête, pour reprendre l’aventure.
1€ pour
les pèlerins, la cathédrale musée n’est pas chère pour les peregrinos. C’est une splendeur. J’en
oublie mon chapeau. Je le récupèrerai au guichet une petite heure plus tard –
je n’osai pas y croire – un chapeau qui vient de si loin, de Gambie, et qui
m’a accompagné déjà tant de jours…on s’attache.
Quelques
photos incontournables en compagnie du pauvre pèlerin en bronze, il est nu
sur son banc, couvert d’ecchymoses et de plaies diverses. Nous sommes en bien
meilleur état et restons vêtus : il ne fait pas assez chaud.

Nous
partageons un dernier repas dans un restaurant sur la place de la cathédrale
et c’est l’heure de la séparation : Yvan et Arlette repartent vers leur hôtel,
Maurice marche vers l’albergue et
nous nous dirigeons vers la gare pour prendre les billets pour demain, aller
simple pour Leon
ivan et
Arlette rejoindront peut être Maurice demain matin pour poursuivre la route
ensemble. Pour le moment je n’ai pas eu de nouvelles.
Pour nous ce sera le train (18€) à 12h13 demain. En attendant repos à l’hostal (le confort le plus sommaire que nous ayons rencontrer pendant tout notre périple) Bernard sommeille un peu sous les couvertures Je m’allonge aussi et écoute les musiques que j’ai chargé sur mon portable. C’est la première fois que je les écoute et que je découvre ce que j’ai enregistré, pas mal, du Jazz, du Blues, des musiques du monde…rien de connu mais j’apprécie.
Petit tour d’orientation en ville, elle est belle, on en profitera encore demain matin .







