Le mois se
termine sur une note automnale avec un réveil dans la grisaille
L’hospitalero canadien a encore plus
mauvaise mine qu’hier et somnole sur sa chaise. Sa crève ne s’est pas
arrangée et un peregrino l’a empêcher
de dormir : il faisait une crise de claustrophobie et a passé la nuit à
entrer et sortir de l’auberge.
Comment
peut on être claustrophobe dans un grand dortoir, même les lits ne sont pas
superposés ici. Je plein beaucoup ce pèlerin : il a du passer par des
endroits invivables pour lui.
Le sol est
mouillé, peu mais assez pour nous alerter et mettre les couvre sac. A peine
sommes nous sortis de Villadangos que le poncho devient un accessoire
indispensable. Nous ne les rangerons qu’arrivés à Astorga.
La pluie
n’est pas violente, mais suffisante pour nous gêner et devoir porter la
capuche qui brouille la visibilité. Le vent forcit de plus en plus. On a bien
fait d’enfiler le pantalon ce matin.
N120, présente, omniprésente, pénible, bruyante. Parfois on y marche, sur le bas coté et c’est stressant de marcher si près du trafic, parfois elle s’éloigne un peu ou il faut traverser. On ne la quitte jamais vraiment, si ce n’est quelques brefs instants dans un village ou nous empruntons une voie parallèle. Parfois aussi nous marchons sur la vielle route, coincée entre nationale et autovia.
A Hospital
de Orbigo, seconde rencontre cavalière sur le pont qui enjambe l’Orbigo. Le
lieu est prédestiné à cette rencontre, le pont est orné d’oriflammes style
moyen age et en contre bas est installée une lisse ou se produisent en spectacle des joutes et
tournois à cheval et en costumes.
Nous
traversons le village ensemble.
A la
sortie d’Hospital un banc nous invite à faire collation avant de poursuivre.
Les cavaliers s’éloignent, les chevaux non plus n’aiment pas tellement la
N120 qui les stresse.
Nous reverrons nos cavaliers un peu plus tard à l’entrée d’Astorga, les chevaux broutant, un cavalier somnolant contre un mur, le chapeau sur les yeux à la mode Mexicaine
C’est une
longue étape que le vent et le froid ne rendent pas très facile. Astorga est
là, mais perchée sur un promontoire qu’il faut bien gravir. Heureusement
l’auberge n’est pas trop loin. Chambre à 4 lits seulement, Nous espérons bien
ne pas avoir de compagnie. Cet espoir sera déçu par l’arrivée de Peter, un
Allemand sympa, bientôt suivi par un Finlandais. Peter et le Finlandais se
comprennent semble t’il, Peter parle aussi un peu Français, mais en Anglais
nos accents respectifs dressent une barrière infranchissable. Nous reverrons
souvent Peter, y compris à Compostelle, sans parvenir à lier connaissance.
6h30 pour 30 km. Nous avons bien marché malgré ou grâce au mauvais temps. Un peu de repos s’impose avant d’affronter la visite d’Astorga après les traditionnelles ablutions et lessive.

Malgré les jambes lourdes et une
crève incontestable la visite est obligatoire dans cette petite ville. Le
musée dans le Castillo à l’architecture tellement folle présente une belle
collection de peintures contemporaines, des peintures et sculptures
religieuses anciennes, du XIII e siècle en particulier et quelques objets de
fouilles (pré et post romain) .
Quelques
courses, repas, dodo
Ce soir je me drogue, j’ai la gorge irritée et du mal à respirer : aspirine, doliprane et pastilles à sucer.
Les pastilles m’ont été délivrées
dans une pharmacie ou j’ai fait
comprendre par geste que j’avais une petite angine. Par acquis de
conscience je veux aussi expliquer que je fait de l’asthme et montre mon
flacon de ventoline.
La
pharmacienne pense que j’en veux et est prête à m’en donner, sans ordonnance.
Elle me demandera ensuite si je désire des antibiotiques, ce qui n’a pas
l’air de poser de problème non plus.
Non,
merci, pas d’antibiotique.
Je tombe
dans mon lit et m’endort rapidement malgré la gorge un peu bloquée.
A minuit
je me réveille brutalement. Est-ce le besoin d’aller aux toilettes ou la
respiration qui bloque ? Je commence par le premier et passe plus d’1 heure
et demi a tenter de récupérer la seconde. Je finirai par me rendormir après
une belle agitation.
Pour Bernard çà ne va pas fort non plus, lui est réveillé par le froid : son duvet est plus léger que le mien et semble vraiment insuffisant pour cette nuit – à l’avenir il essaiera de se procurer une couverture chaque fois que ce sera possible



