Au petit
matin je m’excuse pour mon agitation nocturne, mais tout le monde en peregrinos expérimentés était équipé
de boule d’oreilles et n’a rien
entendu.
Le départ
me laisse anxieux. J’ai les voies respiratoires très encombrées et l’escalier
de l’auberge suffit à me couper le souffle. Le petit déjeuner n’apporte pas
son lot de réconfort tant espéré.

A chaque
cote un peu accentuée le souffle me manque et je ralenti, mais à force de
tousser, racler, cracher, renifler, la source se tarit un peu et mes poumons
se purgent. Les sinus resteront bien pris mais c’est moins pénalisant.
A 10 heures
c’est la pause café à la taverne du Cow-boy à El Ganso. Rabanal n’est plus
qu’à 8 km, deux petites heures en théorie.
El Ganso est
au trois quart en ruines et sans ses deux cafés que font vivre le Chemin il
ne resterait rien ici.
L’albergue que connaît Bernard à l’entré
de Rabanal est fermée, ou pas encore ouverte mais il n’est que 12 h30.Nous
logerons dans l’auberge voisine, à 20 m. Une auberge privée, religieuse avec
une chapelle ou sera dite une messe ce soir – nous bouderons la messe.
En
attendant cette joyeuse perspective l’heure est à la visite : 16h 30 il
faut se trouver quelques trucs à grignoter pour demain, genre banane pour
faire original, quelques fruits secs aussi.
Il est
attablé à coté de moi, il rédige son journal comme je rédige le mien. D’un
coup d’œil indiscret je trouve que ces lignes de signes sont belles.
Il marque une petite hésitation, n’est pas certain d’avoir compris mon anglais, et puis se lance. 1 ligne, 2 lignes de signes étranges, et il continue. Je n’en demandais pas tant : une demi page qui commence par le traditionnel Buen Camino ! Mais qu’a-t-il donc bien pu écrire ?
Il marque une petite hésitation, n’est pas certain d’avoir compris mon anglais, et puis se lance. 1 ligne, 2 lignes de signes étranges, et il continue. Je n’en demandais pas tant : une demi page qui commence par le traditionnel Buen Camino ! Mais qu’a-t-il donc bien pu écrire ?
l s’appelle Song Seok-Chun, il est de Séoul et recommence à écrire, en anglais cette fois une traduction. Il s’excuse que cette traduction ne soit pas parfaite, juste une retranscription de l’idée. Il me tend alors son cahier pour que je me livre au même exercice, Bernard prend quelques clichés pour immortaliser la rencontre et je me lance. Il tente un moment de comprendre ce que j’ai écrit mais renonce : à mon tour de faire une retranscription en anglais – c’est sûrement bourré de fautes, les idées sont banales, mais l’important c’est ce moment partagé.
My name is Song, Seok-chun from Korea. I have walked 540 km so far, just more than two thirds. I am at Rabanal del Camino, in Spain. Although I had some difficul time, but I have some confidence in walking and then I can get to Santiago de Compostela. Most peoples are greeting to each other pleasurely, beautiful mountain and field, singing birds and the winds over the weat field. I feel walking is my pleasure. I hope all the peoples on walking this road would be good and impresive walking.
Je retranscrit ci dessus la traduction anglaise de Song sans rien y changer.
Ce soir
nous dînons avec Gigi, son époux et leurs deux compagnons de route. Ce
n’était pas prémédité, çà s’est fait tout seul.
Repas de
gala à 15€ : nous goûtons une spécialité locale le « Cosido
margalo »
Cà
commence très fort par un énorme plat de viandes. Je pense que c’est pour 5,
non juste ma part et celle de Bernard. Du porc : du jarret, du pied, du
museau, de la gorge, de la poitrine et du gras de lard, de l’oreille, du
chorizo et surprise, du blanc de poulet – le tout bouilli dans une sorte de
pot au feu. Ce n’est pas léger, ce n’est pas diététique, mais bon sang que
c’est bon. Finalement le plat y passe et il ne reste que quelques os.
Cà
continue par le plat de légumes, il est un peu moins volumineux : du
choux et des pois chiches, restons dans le léger – c’est un vrai régal.
Enfin on
passe à la soupe au vermicelle. C’est le bouillon de cuisson des viandes et
des légumes. On n’a plus vraiment faim- c’est un euphémisme – mais on ne
laisse rien.
Ah !
tout de même ne pas oublier le dessert : une crème parfumée à la cannelle,
rien ne nous sera donc épargné ce soir mais nous supportons ce supplice avec
bonne humeur et…appétit.






